Reprendre une pharmacie en dépôt de bilan « à la barre du tribunal » :

On ignore s’il s’agit d’un effet de mode, mais la recherche de rachat d’officines qui ont déposé leur bilan est désormais entré dans les mœurs compte tenu de leur multiplication (44 redressements judiciaires et 27 liquidations judiciaires en 2008) ; les motivations des candidats acquéreurs reposent sur un postulat principal : le prix d’une officine qui a déposé son bilan est inférieur à celui d’une officine « en bonne santé » sur le marché classique.

Cette recherche de « la bonne affaire » peut s’avérer complètement erronée puisque le Cabinet LFA a eu l’occasion récente d’assister un candidat à la reprise qui postulait pour le rachat d’une pharmacie qui, pour des raisons de rentabilité supposée et d’emplacement géographique, a été emportée pour un montant égal à 97 % de son chiffre d’affaires, soit 200 000 € de plus que la mise à prix !

En outre, dans tous les cas de figure,  il convient d’être vigilant sur les conditions du rachat, selon l’expérience recueillie par le Cabinet LFA :

– Tout d’abord, il s’avère que les mandataires judiciaires (ainsi que les procureurs, présents aux audiences de procédure collective) ignorent encore que l’Ordre des pharmaciens doit légalement être informé du dépôt de bilan dès la première audience concernant l’officine ;

– De même, les mêmes ignorent encore souvent que toute cession d’officine doit être soumise à la condition suspensive de l’enregistrement de la déclaration modificative d’exploitation par l’Ordre régional compétent ; on voit encore trop d’appels de candidatures dans lesquels le mandataire (en accord avec le président du Tribunal saisi) écarte expressément toute condition suspensive affectant la vente, alors qu’elle est une condition impérative prévue par le Code de la santé publique ; expliquer l’existence et la portée de cette condition à un tribunal encore novice dans la cession d’officines de pharmacies peut se révéler source de retards dans la reprise ;

– Enfin, le mandataire exige souvent non seulement une offre de prêt, mais également un cautionnement bancaire de la totalité du prix, ce que la banque est plutôt réticente à délivrer, et que le candidat repreneur doit donc négocier en amont afin de l’obtenir rapidement.

 

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